Entrer dans une banya russe pour la première fois, c'est aussi entrer dans un vocabulaire. Le russe thermal possède son propre lexique — dense, précis, parfois poétique —, hérité de siècles de pratique populaire dans les villages boréaux et les villes impériales. Aucun mot ne s'y emploie à la légère : chaque terme désigne une réalité concrète, un geste, un espace, une sensation codifiée. Parilka n'est pas simplement « la salle chaude » — c'est le lieu où se déroule le rituel, avec ses bancs étagés, ses protocoles de chaleur et sa vapeur dense. Podacha n'est pas « verser de l'eau » — c'est un art qui se travaille, une technique transmise de génération en génération. Banshchik n'est pas un simple préposé aux bains — c'est une figure culturelle ancrée dans l'histoire urbaine russe.

Ce lexique rassemble les trente termes russes les plus utiles pour quiconque veut comprendre la banya de l'intérieur. Ils sont organisés en cinq groupes thématiques : les espaces, le chauffage et la vapeur, les accessoires et les soins, le rituel et les gestes, les personnes et la culture. Pour chaque terme, vous trouverez la translittération, le mot cyrillique d'origine, une définition fonctionnelle, son rôle précis dans le rituel et, souvent, une note étymologique ou un contexte d'usage qui révèle la profondeur culturelle derrière le mot. Certains termes ont des équivalents directs dans les langues européennes ; d'autres sont intraduisibles et désignent des réalités que seule la culture slave thermale a eu besoin de nommer.

Apprendre ce vocabulaire, ce n'est pas seulement s'équiper pour survivre dans une banya de Moscou ou de Saint-Pétersbourg. C'est comprendre comment les Russes pensent le corps, la chaleur, la communauté et le rituel — une fenêtre ouverte sur une civilisation du bain que rien d'autre ne remplace.

Les espaces de la banya

La banya n'est pas une pièce unique mais un ensemble d'espaces distincts, chacun avec une fonction précise dans le déroulement du rituel. Comprendre ces espaces, c'est comprendre la logique de progression thermique et sociale du bain russe. Pour aller plus loin sur l'organisation de ces espaces et leur rôle dans le rituel complet, on pourra consulter notre guide du fonctionnement complet de la banya.

Banya (баня) — La banya est le terme générique qui désigne l'ensemble du bâtiment thermal russe, et par extension le rituel lui-même. En russe populaire, « aller à la banya » signifie s'engager dans un rituel complet de plusieurs heures, pas simplement prendre un bain. Le mot apparaît dans les chroniques russes dès le XIᵉ siècle et traverse l'histoire slave sans interruption. Une banya comprend généralement plusieurs espaces : parilka, predbannik, mochilnya, parfois une kupel et une terrasse extérieure pour les plongeons dans la neige ou l'eau froide. Elle peut être une construction isolée dans un jardin de datcha, un bâtiment communal dans un village, ou une section dédiée dans un complexe thermal urbain.

Parilka (парилка) — La parilka est la salle de vapeur, le cœur actif de la banya. C'est dans la parilka que se trouve la kamenka, que l'on verse l'eau pour produire la vapeur, et que se déroule le parenie avec les veniki. Les bancs en bois — appelés polki (полки) — y sont disposés à plusieurs niveaux : plus on s'élève, plus la chaleur est intense, les températures pouvant varier de 30°C à 40°C entre le banc du bas et le banc du haut. La parilka est construite en bois de résineux (épicéa, sapin, pin) pour ses propriétés isolantes et pour les arômes qu'il dégage sous la chaleur. L'absence totale de métal apparent dans une parilka traditionnelle est une règle de sécurité fondamentale : une surface métallique à 90°C est une brûlure immédiate au contact.

Predbannik (предбанник) — Le predbannik est la salle précédant la parilka — salle de déshabillage, de repos et de conversation. Le mot se décompose littéralement : pred (avant) + bannik (de banya). C'est un espace tampon à température ambiante ou légèrement chauffée où l'on se prépare avant d'entrer dans la chaleur, et où l'on revient pour les phases de repos entre les rounds de parilka. Dans les banyas traditionnelles et les complexes contemporains haut de gamme, le predbannik est meublé de bancs en bois, d'une table, et d'équipements pour préparer le thé ou le kvass. C'est souvent là que se déroulent les conversations les plus intimes — la chaleur physique du parilka et la relative décontraction du predbannik créent ensemble un espace de confiance sociale sans équivalent dans d'autres cultures.

Mochilnya (мочильня) — La mochilnya est la salle de lavage proprement dite, distincte de la parilka. Le terme vient du verbe mochit' (mouiller, tremper). C'est dans la mochilnya que l'on se lave avec du savon et un gant de toilette (mochalka) après les rounds de vapeur, une fois que les pores sont ouverts et le corps nettoyé en profondeur par la chaleur et la transpiration. Dans les banyas contemporaines, la mochilnya est équipée de douches, de bassins et de robinets d'eau chaude et froide. Dans les banyas villageoises anciennes, c'était simplement une pièce attenante où l'on versait l'eau sur soi depuis des seaux en bois.

Kupel (купель) — La kupel est le bassin d'eau froide ou glacée destiné au plongeon après un passage en parilka. Le terme est partagé avec le vocabulaire religieux : en russe orthodoxe, kupel désigne également les fonts baptismaux — la même eau froide, le même geste de plonger le corps, une symbolique de purification et de renaissance qui n'est pas fortuite dans une culture où banya et rite spirituel ont longtemps été liés. Dans les banyas contemporaines, la kupel est souvent un bassin circulaire en bois de mélèze ou en pierre, maintenu à 8°C ou 10°C. Dans les banyas extérieures d'hiver, elle peut être simplement un trou découpé dans la glace d'un lac ou d'une rivière — pratique encore courante en Sibérie et dans les régions du nord de la Russie.

Izba (изба) — L'izba est la maison paysanne russe traditionnelle en rondins de bois, et la matrice architecturale dont est issue la banya. Comprendre l'izba, c'est comprendre pourquoi la banya est construite comme elle l'est : même logique structurelle en rondins empilés, même isolation naturelle par la masse de bois, même adaptation au climat continental extrême. Les premières banyas étaient souvent construites dans des isbas séparées ou dans une aile spécifique de l'izba principale. Le vocabulaire constructif de la banya (rondins, chinking, toiture à deux pentes, absence de fenêtres dans le parilka) est directement hérité de l'architecture de l'izba. Certaines banyas rurales contemporaines reproduisent délibérément l'esthétique de l'izba ancienne comme marqueur d'authenticité.

Panneau en bois sculpté avec l'inscription cyrillique « Баня » cloué sur un mur de bouleau, vapeur, lumière de l'après-midi

Le chauffage et la vapeur

Le cœur thermique de la banya repose sur un vocabulaire précis qui décrit la production et la maîtrise de la chaleur et de la vapeur. Ces termes sont ceux que l'on entend le plus fréquemment dans une conversation entre pratiquants expérimentés — ils structurent l'ensemble de la technique thermale russe.

Kamenka (каменка) — La kamenka est le poêle à pierres qui constitue le moteur thermique de toute banya russe. Le nom vient de kamen' (камень), la pierre. C'est une masse de roches volcaniques ou métamorphiques (diabase, talcochlorite, gabbro) empilées sur un foyer chauffé au bois, au gaz ou à l'électricité pendant plusieurs heures avant la séance. La qualité de la kamenka détermine la qualité de la vapeur : une kamenka bien chargée en pierres denses et correctement chauffée produit un par instantané, claquant, qui monte en colonnes denses et enveloppe les corps. On dit en Russie que « la kamenka commande la banya » — non pas le propriétaire ni le banshchik, mais le poêle lui-même, qui impose son rythme, sa température et la cadence des podachas.

Podacha (подача) — La podacha est l'acte de verser de l'eau sur les pierres de la kamenka pour produire la vapeur. Le terme vient de podavat' (подавать), « servir », « dispenser ». Mais cette traduction trahit la complexité du geste : la podacha est une technique à part entière, avec ses règles de quantité, de hauteur, de vitesse et de fractionnement. Un banshchik expérimenté ne verse jamais la louche entière d'un coup — il fractionne le jet, lit la réaction de la kamenka et des baigneurs, module la vapeur produite. Une podacha bien exécutée produit ce claquement sec et puissant (chch) caractéristique d'une vaporisation instantanée sur des pierres à bonne température. Une podacha maladroite — eau versée trop vite, kamenka sous-chargée — produit un grésillement mou et une vapeur basse, décevante pour les habitués.

Par (пар) — Le par est la vapeur de banya — mais pas n'importe quelle vapeur. Le mot désigne spécifiquement la vapeur dense, lourde et enveloppante produite par la podacha sur une kamenka bien chargée. Les Russes font une distinction qualitative entre un bon par (khoroshiy par) et un par médiocre : le premier est chaud mais « doux » (myagkiy par), il enveloppe le corps sans piquer les poumons ; le second est agressif ou trop sec. L'expression de politesse traditionnelle entre pratiquants — S lyogkim parom ! (С лёгким паром !) — signifie littéralement « Avec un par léger ! » et s'emploie comme « Bonne banya ! » en souhaitant que la vapeur soit douce et agréable.

Zhara (жара) — La zhara désigne la chaleur intense — « la grosse chaleur », la fournaise. Le terme est le même qu'en météorologie russe pour désigner une vague de chaleur estivale, mais dans le contexte de la banya, il prend une dimension positive, presque festive. « La zhara est bonne aujourd'hui » signifie que la parilka est à température optimale, que la kamenka est bien chargée et que la séance promet d'être intense. Les amateurs de banya intense parlent d'aller « chercher la zhara » comme on irait chercher une expérience physique particulière — une confrontation volontaire avec la chaleur extrême qui est précisément ce qu'ils sont venus chercher. C'est un terme chargé de connotation positive dans ce contexte, contrairement à l'usage courant où il désigne une chaleur subie.

Kipyatok (кипяток) — Le kipyatok est l'eau bouillante — terme issu de kipet' (кипеть), « bouillir ». Dans la banya, il désigne l'eau à 100°C ou proche de cette température, utilisée pour la podacha sur les pierres les plus chaudes ou pour diluer les infusions d'herbes (nastoy) versées sur la kamenka. Le kipyatok joue un rôle particulier dans la production du par : l'eau bouillante versée sur des pierres à très haute température se vaporise de manière plus explosive et produit une vapeur initiale plus sèche et plus montante que l'eau froide, qui ramollit davantage et descend. Certains parilshchiki expérimentés commencent leur podacha avec du kipyatok pour créer une première montée de vapeur sèche, puis la complètent avec de l'eau plus froide pour densifier et humidifier.

Dymovaya banya (дымовая баня) — La dymovaya banya est la banya noire — le type le plus ancien, le plus archaïque et, selon ses partisans, le plus authentique. Dymovaya vient de dym (дым), la fumée. Dans ce type de banya, il n'y a pas de cheminée : la fumée du foyer circule librement dans le parilka pendant la chauffe, déposant une couche de suie sur les murs et le plafond avant d'être évacuée par une petite ouverture. Le baigneur entre après cette évacuation, dans une atmosphère chargée d'arômes de bois brûlé, de résine et de suie. Les défenseurs de la dymovaya banya affirment que cette suie dégage un bactéricide naturel et que la vapeur qu'elle produit a une qualité incomparable. Aujourd'hui rare dans les villes, elle survit dans certaines régions rurales de Sibérie, de Carélie et en pays balte.

Les accessoires et soins

La banya possède toute une collection d'accessoires en bois et en fibres naturelles dont l'apparente simplicité cache une fonctionnalité précise. Chacun de ces objets a été optimisé par des générations d'usage dans des contextes thermiques extrêmes. Pour comprendre en détail l'accessoire le plus emblématique du rituel, on pourra lire le guide complet sur le veniki.

Veniki (веники) — Les veniki (singulier : venik) sont les bouquets de feuilles — de bouleau, de chêne, d'eucalyptus, de sapin, d'ortie ou d'autres végétaux — utilisés dans le rituel du parenie. Le bouleau est le plus traditionnel et le plus répandu : ses feuilles souples, légèrement velues, retiennent l'eau et diffusent leurs tanins et huiles essentielles sous la chaleur. Le chêne est plus ferme, son tanin plus astringent, apprécié pour l'effet tonique sur la peau. Le venik est préalablement trempé dans de l'eau tiède pour assouplir les feuilles, puis utilisé pour frapper, tapoter et masser le corps dans la parilka — un geste qui améliore la circulation cutanée, ouvre les pores et libère les principes actifs des feuilles. Les veniki frais sont utilisés en été ; en hiver, on utilise des veniki séchés réhydratés, dont la préparation est elle-même un art.

Shayka (шайка) — La shayka (parfois écrit shayba) est le seau en bois traditionnellement utilisé dans la banya pour transporter et verser l'eau. Elle est typiquement fabriquée en bois de bouleau ou de chêne, avec des douelles cerclées de métal, et peut contenir de 5 à 15 litres. Le bois est choisi pour ses propriétés isolantes — il garde l'eau chaude plus longtemps que le métal ou le plastique — et pour l'absence de transfert thermique dangereux. Dans la mochilnya, la shayka sert au rinçage et au lavage. Dans le parilka, elle contient l'eau de podacha ou les infusions d'herbes que le banshchik verse sur la kamenka. L'objet est si emblématique qu'il est devenu un symbole visuel de la banya dans la culture populaire russe.

Kovsh (ковш) — Le kovsh est la louche — l'outil de précision du podacha. Là où la shayka est un seau de transport et de stockage, le kovsh est l'instrument de la versée elle-même : un manche long pour tenir à distance des pierres brûlantes, une coupe de 200 à 500 ml pour doser l'eau avec précision. Traditionnellement en bois (bouleau ou aulne), le kovsh contemporain existe en acier inoxydable, en plastique résistant à la chaleur, en cuivre dans certains établissements haut de gamme. La qualité du manche — sa longueur, son équilibre, la sensation en main — est un détail auquel les parilshchiki expérimentés sont très attentifs : un kovsh trop court expose la main à la vapeur explosive, un manche trop lourd fatigue le poignet sur une longue séance.

Chapka (шапка) — La chapka de banya est le chapeau en feutre de laine, haute de forme ou arrondie selon les modèles, portée dans la parilka pour protéger la tête de la chaleur. Elle est indispensable dans les banya très chaudes : le sommet de la parilka concentre les températures les plus élevées, et sans protection, la chaleur intense sur le crâne peut provoquer des maux de tête, des vertiges, voire un coup de chaleur. La chapka réduit la conduction thermique vers la boîte crânienne tout en laissant passer progressivement la vapeur. Dans les grandes banyas publiques, on les loue à l'entrée avec les veniki et les shayki ; dans les banyas privées, chaque habitué possède la sienne, souvent personnalisée, brodée ou teinée aux couleurs de son choix.

Mochalka (мочалка) — La mochalka est le gant de toilette ou l'éponge végétale utilisée dans la mochilnya pour le savonnage et le frottage du corps. Traditionnellement fabriquée à partir de fibres naturelles — sparte, chanvre, coton ou liber de tilleul —, elle a une texture plus rugueuse qu'un gant de toilette occidental classique, adaptée à un exfoliant mécanique efficace sur une peau ayant transpiré et ouvert ses pores dans la parilka. L'usage de la mochalka dans la banya suit un protocole : on ne l'utilise pas en parilka (trop chaud, risque de brûlure) mais après la sortie de la parilka dans la mochilnya, quand la peau est au maximum de sa réceptivité. Le savonnage avec une bonne mochalka sur une peau post-parilka donne une sensation de nettoyage en profondeur difficile à obtenir autrement.

Mylo (мыло) — Le mylo est simplement le savon — mais le savon de banya a ses spécificités. Le savon noir naturel russe (chyornoye mylo), à base de cendres de bois et d'huiles végétales, est l'équivalent slave du savon noir marocain et le savon historique de la banya. Dense, légèrement abrasif, riche en potasse naturelle, il nettoie en profondeur sans dessécher la peau. Certaines familles préparent encore leur propre mylo à partir de cendres de bouleau, de graisse animale ou d'huile de lin — une recette transmise depuis des siècles. Dans les banyas contemporaines, on utilise souvent des savons naturels parfumés à la résine, au pin, au genièvre ou aux herbes slaves — une évolution sensorielle qui garde l'esprit du mylo traditionnel tout en enrichissant l'expérience olfactive du rituel.

Collection de petits objets en bois de bouleau : louche, seau, fagot de veniki étiquetés, posés sur du lin — style musée ethnographique

Le rituel et les gestes

Le rituel de la banya est codifié par un ensemble de gestes, de techniques et de temps que ce vocabulaire nomme avec précision. Connaître ces termes, c'est pouvoir parler de la banya comme un initié — et comprendre ce qui se passe dans le parilka au-delà de la simple « salle de sudation ». Pour tout ce qu'il faut préparer et anticiper avant une première expérience, tout ce qu'il faut savoir avant votre première banya constitue un complément indispensable.

Parenie (парение) — Le parenie est le cœur du rituel banya — la séquence complète de travail du corps avec les veniki dans la parilka. Le terme vient de parit' (парить), « vaporiser » mais aussi « faire voler », « faire planer » — une double étymologie qui exprime à la fois la technique (utilisation de la vapeur) et l'état recherché (légèreté, libération). Le parenie est exécuté par le banshchik ou par un ami expérimenté : le baigneur s'allonge sur le banc du haut, et le praticien utilise les veniki en une série de gestes codifiés — tapotement, friction, massage, fouettement léger — qui alternent la chaleur de la vapeur locale et le massage des tissus. Une session de parenie bien conduite dure de dix à vingt minutes par passage, et peut constituer à elle seule l'argument principal d'une visite à la banya.

Kontrastny dush (контрастный душ) — La douche alternée chaud-froid, pilier de la thermothérapie de la banya. Kontrastny (contrasté, alterné) + dush (douche). La pratique consiste à alterner les passages en parilka avec des expositions à l'eau froide — douche froide, kupel, plongeon dans la neige ou dans une rivière. Ces alternances thermiques successives provoquent des contractions et dilatations vasculaires qui stimulent la circulation, tonifient les parois des vaisseaux et déclenchent une libération d'endorphines. Pour les débutants, le kontrastny dush s'introduit progressivement : on commence par terminer chaque douche chaude par quelques secondes d'eau froide, avant d'augmenter graduellement l'intensité et la durée au fil des séances.

Otpar (отпар) — L'otpar est le traitement à la vapeur — l'action de soumettre le corps à la vapeur de la kamenka, soit directement dans la parilka, soit en dirigeant la vapeur vers une partie spécifique du corps. Le terme vient de otparit' (отпарить), « cuire à la vapeur » ou « vaporiser complètement ». Dans le vocabulaire du banshchik, l'otpar désigne une phase spécifique du parenie où le corps est exposé à une vague de vapeur intense avant le travail des veniki, pour que la chaleur pénètre profondément dans les muscles. L'otpar prépare le tissu cutané et musculaire — il le ramollit, augmente la microcirculation locale et rend le travail des veniki plus efficace.

Priparka (припарка) — La priparka est la compresse — un cataplasme végétal ou herbal appliqué sur le corps dans la parilka ou immédiatement après. Le terme vient de priparit' (припарить), « appliquer de la vapeur ». Il peut s'agir d'une poignée d'herbes fraîches ou séchées (menthe, camomille, ortie, feuilles de bouleau) que l'on trempe dans le kipyatok et qu'on applique directement sur la peau en compresse chaude. La priparka combine les effets mécaniques de la chaleur locale avec les principes actifs des plantes : huiles essentielles, tanins, flavonoïdes qui pénètrent à travers la peau dilatée. Certains banshchiki élaborés préparent des priparka composées — mélange d'herbes, d'argile curative et d'huiles — qui constituent de véritables soins thérapeutiques intégrés au rituel.

Pokhlystyvanie (похлёстывание) — Le pokhlystyvanie décrit le geste de fouettement léger avec les veniki — terme dérivé de khlysty (хлысты), les lanières, les fouets. C'est l'un des gestes fondamentaux du parenie : un mouvement souple du poignet qui fait claquer les feuilles mouillées du venik contre la peau, produisant simultanément un impact mécanique léger et un afflux local de vapeur chaude. Contrairement à ce que le terme « fouettement » pourrait suggérer, le pokhlystyvanie bien exécuté ne fait pas mal — il produit une chaleur soudaine et locale et une légère rougeur cutanée qui témoignent d'une vasodilatation immédiate. La technique exige un contrôle précis : trop fort, et le venik peut frapper douloureusement ou laisser des marques ; trop faible, et le mouvement ne produit ni chaleur ni effet circulatoire.

Otdykhat (отдыхать)Otdykhat' est le verbe « se reposer » — mais dans la culture banya, le repos entre les rounds n'est pas un temps vide. C'est une phase structurée du rituel, aussi codifiée que le parenie lui-même. On se retire dans le predbannik, on s'enveloppe dans un drap ou un peignoir, on boit du thé, du kvass ou de l'eau infusée aux herbes, on laisse le cœur revenir à son rythme normal avant de repartir pour un nouveau passage en parilka. Les pratiquants expérimentés écoutent leur corps pendant l'otdykhat : si la sueur continue à couler abondamment et si la sensation de chaleur interne persiste, on attend encore. S'empresser de repartir en parilka avant que le corps ait récupéré, c'est contre-productif et potentiellement dangereux pour les personnes sensibles.

Les personnes et la culture

La banya est un espace social et la langue russe a développé un vocabulaire précis pour décrire les acteurs de ce rituel collectif. Ces termes révèlent comment la culture slave a organisé et hiérarchisé la pratique thermale autour de figures humaines distinctes. Pour replacer ces figures dans la grande histoire de la banya, on consultera avec profit les origines historiques de la banya et l'étymologie slave.

Banshchik (банщик) — Le banshchik est le maître de banya professionnel — celui qui opère une banya publique ou commerciale, maintient la kamenka, exécute le parenie, gère la chaleur et accueille les clients. C'est une figure historique ancrée dans l'histoire urbaine russe : dans les grandes banyas publiques de Moscou et de Saint-Pétersbourg du XIXᵉ siècle et du début du XXᵉ, le banshchik était un personnage reconnu, souvent attaché à un même établissement pendant des décennies. Sa réputation reposait sur la qualité de son par, la force et la précision de ses veniki, et sa capacité à « lire » le corps de chaque client pour adapter l'intensité du parenie. Pour apprendre à apprendre le vocabulaire russe de base pour un voyage en Russie, certaines ressources spécialisées incluent des sections dédiées au vocabulaire thermal.

Kompanion (компаньон) — Le kompanion est le compagnon de banya — l'ami ou le collègue avec qui l'on partage la session. La banya russe est fondamentalement une pratique sociale, et l'idée d'y aller seul est culturellement inhabituelle, presque mélancolique. Avoir un bon kompanion, c'est avoir quelqu'un qui peut vous exécuter le parenie (et à qui vous rendez la pareille), avec qui vous discutez dans le predbannik entre les rounds, et avec qui vous partagez le repas post-banya. La qualité du kompanion est parfois évoquée comme aussi importante que la qualité de la banya elle-même — un bon compagnon dans une banya ordinaire vaut mieux qu'une mauvaise compagnie dans la meilleure banya de Moscou, dit un proverbe populaire russe.

Khozyain (хозяин) — Le khozyain est le maître des lieux, le propriétaire ou le responsable d'une banya privée. Le terme est générique en russe — il désigne aussi le patron d'une maison, le chef de famille, le propriétaire d'une entreprise — mais dans le contexte de la banya, il prend une connotation spécifique : c'est la personne qui ouvre sa banya aux invités, qui assure la chauffe, qui prépare les veniki et qui orchestre la session. Dans la culture russe, inviter quelqu'un dans sa banya privée est un geste de confiance et d'hospitalité de premier ordre — équivalent d'une invitation à dîner chez soi, mais en plus intime encore. Le khozyain qui prend soin de sa banya (pierres fraîches, bouleau bien coupé, predbannik propre et bien équipé) est respecté.

Druzhina (дружина) — La druzhina désigne le groupe ou la compagnie qui partage ensemble une session de banya. Le terme a une étymologie chevaleresque : dans la Russie médiévale, la druzhina était la garde personnelle d'un prince, ses compagnons d'armes. Dans le contexte contemporain de la banya, il a conservé cette connotation de lien fort et de solidarité entre les membres du groupe — ceux qui vont à la banya ensemble forment une micro-communauté, liés par l'expérience physique partagée, la nudité, la vulnérabilité commune devant la chaleur. La druzhina de banya peut être une famille, un groupe d'amis, des collègues — mais elle présuppose toujours une confiance mutuelle. Pour les ressources sur ressources pour comprendre la culture et la langue russes, certains sites spécialisés abordent ce vocabulaire culturel en profondeur.

Banyushka (банюшка) — La banyushka est la forme affective et diminutive de banya — « la petite banya », « la douce banya ». Mais au-delà de la tendresse linguistique, le terme désigne aussi dans le folklore slave une figure surnaturelle : l'esprit protecteur de la banya, un personnage bienveillant mais capricieux qui habite les vieux bâtiments thermaux. Dans les croyances populaires pré-chrétiennes et dans les survivances folkloriques de l'époque soviétique, on ne devait pas offenser la banyushka sous peine d'avoir un mauvais par, une kamenka récalcitrante ou des incidents dans le parilka. Avant d'entrer dans une banya pour la première fois, certains anciens recommandaient encore au XXᵉ siècle de saluer respectueusement l'esprit de la banyushka. Le terme illustre le rapport affectif et presque sacré que les Russes entretiennent avec cet espace.

Parnaya (парная) — La parnaya est un terme alternatif pour désigner la salle de vapeur — synonyme de parilka, avec une nuance : parnaya est l'adjectif substantivé de par (vapeur), soit littéralement « la salle à vapeur ». C'est le terme utilisé plus formellement ou dans certains dialectes régionaux, notamment dans les banyas du centre et du sud de la Russie. Dans les annonces des complexes thermaux contemporains, on voit souvent les deux termes utilisés de manière interchangeable. Certains praticiens font cependant une distinction subtile : la parnaya désignerait la salle dans sa dimension physique et architecturale, là où la parilka désignerait davantage le lieu du rituel en train de se dérouler — mais cette distinction n'est pas universellement partagée.

La rédaction.